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Publié le 21-11-2014

Interview du Professeur Antonio Pellicer de passage à Paris «La France est hypocrite sur le don d’ovocytes»

Interview du Professeur Antonio Pellicer de passage à Paris «La France est hypocrite sur le don d’ovocytes»

Fondateur d'IVI, l'institut valencien de l'infertilité, le professeur Pellicer reçoit quotidiennement des femmes désemparées dans son cabinet spécialisé en PMA. Parmi elles, de nombreuses Françaises inscrites sur liste d'attente pour le don d'ovocytes, alors que la France enregistre une pénurie de donneuses. Mais à l'inverse des Espagnoles celles-ci ne sont pas dédommagées, ce qui choque ce spécialiste de la «grossesse programmée» de passage à Paris.

Observez-vous une recrudescence du nombre de Françaises demandant un don d'ovocytes? 
Oui. Leur nombre augmente. En 2013 nous avons accueilli 373 femmes. Cette année, nous en sommes déjà à 400. Il y aura une augmentation d’environ 20% en un an.

Quel est leur parcours en matière de PMA? 
95% viennent en couple. Mariées ou non mariées, ce n’est pas la question. Quelques-unes viennent toutes seules. Il y a aussi des couples lesbiens (pour lesquels la PMA est interdite en France). Elles ont autour de 40 ans. Il y a quatre techniques de traitement de la fécondation in vitro (FIV) en France. Les couples qui viennent ici les ont testées sans réussite.

Pour une raison de coût, de compétences, de législation… 
La loi est plus ouverte en Espagne. Nous avons la possibilité de dédommager des donneuses. On les paye jusqu’à 900, 1.000 euros. C’est pour ça qu’il y a plus de dons. Mais il y a aussi un aspect culturel, la volonté de donner est plus grande que dans d’autres pays.

Comprenez qu’il y ait une réticence en France sur le dédommagement des donneuses? 
C’est une question culturelle. Le don doit être totalement gratuit en France. Nous, nous considérons que la stimulation ovarienne d’une femme en bonne santé, l’anesthésie, l’extraction avec le risque d’hémorragie, sont des procédés agressifs qui méritent une compensation. La question est de savoir si nous voulons le don d’ovocytes ou non. Si la réponse est oui, il faut prendre les mesures pour le favoriser. Sinon, on ne le veut pas vraiment. La France est hypocrite sur le don d’ovocytes.

Quel est l’âge maximum des femmes que vous accueillez? 
Autour de 49, 50 ans. Après 42, 43 ans, c’est ridicule de faire des FIV sans don car la majorité des embryons sont anormaux. On décide cela en fonction de l’aneuploïdie (taux d'erreurs chromosomiques). Après 37 ans, il y a une augmentation exponentielle. C’est  pour cela qu’il faut, selon moi, utiliser le don d’ovocyte. L’âge moyen de la donneuse est de 24,5 ans.

Facebook et Apple proposent de prendre en charge les frais de la congélation d’ovocytes pour leurs employées. Est-ce à une entreprise de promouvoir ce type d’action? 
Elles font des campagnes de masse pour faire passer l’idée que la congélation, l’arrêt de l’horloge biologique, est importante. C’est une bonne idée. Elles sont en avance. Il y a déjà aujourd’hui des entreprises qui proposent à leurs employés des crèches d’enfants. C’est une forme différente d’aide à la femme.

D'un point de vue éthique, cela ne vous gêne pas de contrôler à ce point un processus naturel comme grossesse? 
Non. Dans notre vie, tout est programmé. Vous allez à l’université, achetez une voiture, un appartement, et construisez une famille avec votre femme. La société a changé. Il y a la congélation pour raisons sociales et pour raisons médicales, quand la femme veut assurer la maternité après un cancer par exemple. Nous avons environ 4 fois plus de congélations pour raisons sociales que médicales. Donc les femmes viennent jeunes pour arrêter leur horloge biologique.

Quel est l’avenir de la FIV? 
On pourra bientôt analyser les embryons de façon à trouver celui qui a la meilleure capacité d’implantation. On aura aussi la possibilité de concevoir des ovocytes plus jeunes, avec les cellules-souches d'une femme mûre. C’est là le futur de la médecine car dans le même temps l’évolution sociale de la femme va s’arrêter. Je pense que ce sera possible dans 10 ans.

Lire l'article sur www.20minutes.fr

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