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Publié le 15-02-2015

Cancer et fertilité chez les jeunes : Il faut mieux informer les patients

Cancer et fertilité chez les jeunes : Il faut mieux informer les patients

Des médecins chercheurs de Toulouse pointe le manque d'information délivrée aux jeunes atteints de cancer, sur les possibilités de conserver leurs gamètes.

Préserver la fertilité future des jeunes atteints de cancers avant de leur infliger des traitements risquant de les rendre stériles. Un défi essentiel alors que 2500 nouveaux cancers sont diagnostiqués chaque année en France chez des enfants et adolescents. Mais la France garde une marge de progrès en ce domaine, selon une étude de chercheurs du CHU de Toulouse, qui ont étudié les données des 23 Centres d'études et de conservation des œufs et du sperme (Cecos) concernant les échantillons de sperme des jeunes de moins de 20 ans.

«Nos résultats montrent le besoin de modifications décisives dans les politiques de santé publique pour faciliter l'accès aux soins de santé reproductive chez les jeunes patients atteints de cancer», écrivent les auteurs de l'étude publiée dans la revue américaine «Fertility and Sterility».

L'information, une obligation légale

Depuis la loi de bioéthique de 2004, les médecins ont pour l'obligation d'informer leurs patients, avant d'instaurer des traitements, des risques pour la fertilité et de la possibilité de conserver les gamètes. Cette information est aussi, notent les chercheurs, «psychologiquement important», non seulement pour la «perspective positive» qu'offre le fait de parler de la vie après la guérison, mais aussi parce qu'une infertilité ultérieure est souvent très douloureuse à vivre par les anciens patients. Il faudrait donc, suggèrent les chercheurs, mieux harmoniser et organiser cette pratique à l'échelon national.

La situation semble pourtant s'améliorer, suggère l'étude: les dépôts de sperme effectués par des adolescents ou de jeunes adultes cancéreux auprès des Cecos ont augmenté de 9,5 % par an en moyenne entre 1973 et 2007. En particulier chez les 11-14 ans, qui ont effectué 1 % des dépôts en 1986 et 9 % en 2006. Au total, sur 4.345 garçons de 11 à 20 ans malades du cancer ayant consulté dans un Cecos, 4.314 ont souhaité faire congeler leur sperme et cela a pu être fait pour 3.616 d'entre eux.

Variable selon les régions

Améliorer l'information et l'offre de conservation des gamètes était déjà une préoccupation du plan cancer 2009-2013, et un rapport conjoint de l'Institut national du cancer (INCa) et de l'Agence de la biomédecine dressait déjà, début 2013, le même constat que les médecins toulousains: «La prise en compte des risques d'infertilité auxquels sont exposés ces patients est insuffisante alors qu'elle devrait être systématique. La révélation de l'infertilité se fait encore trop souvent au moment où précisément ils souhaitent concevoir», regrettaient les rapporteurs. En France, dans la première moitié des années 2000, on estimait qu'un jeune âgé de 20 à 30 ans sur 1000 devait faire face aux complications induites par les traitements reçus lors d'un cancer de l'enfance.

Les moins de 18 ans représentent 10 % des conservation de spermatozoïdes, selon le rapport de 2013. Qui nuance en précisant aussitôt que «ce pourcentage varie de 1 à 29 % selon les régions». Selon une étude suédoise menée entre 2003 et 2007, les inégalités relevées seraient aussi liées au sexe du patient (80 % des garçons étaient informés du risque d'infertilité induite par les traitements et 68 % recevaient une information sur les possibilités de conservation, contre seulement 48 % des filles informées du risque et 2 % des possibilités).

Des techniques en évolution

Selon l'INCa, la préservation par conservation de sperme est possible dès 12 ans. Avant la puberté ou si le recueil de spermatozoïdes est impossible, on peut envisager une conservation du tissu testiculaire, mais cette technique est plus expérimentale. Pour les jeunes filles, la conservation de tissu ovarien, proposées en France depuis 1995 dans le cadre d'un protocole de recherche médicale, augmenterait progressivement.

Les médecins oncologues se sentiraient cependant mal informés sur les risques des traitements, les possibilités de conservation et l'existence de consultations spécialisées. Le manque de temps, et la difficulté d'évoquer l'«après» dès l'annonce d'une maladie grave au pronostic parfois très incertain, sont aussi évoquées comme frein à une meilleure information.

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