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Publié le 12-10-2015

Changer son mode de vie est primordial pour lutter contre l'infertilité masculine

Changer son mode de vie est primordial pour lutter contre l'infertilité masculine

L'infertilité est également et clairement liée à l'environnement incluant différents facteurs, dont les pesticides, la pollution, la nutrition et le tabagisme (perso j'ajouterais le stress aussi).

Du 8 au 10 octobre, médecins généralistes et spécialistes ont assistés aux Entretiens de Bichat à Paris, pour faire un état des lieux de la santé d'aujourd'hui. Parmi les thèmes abordés : l'infertilité masculine. Si différents traitements permettent aujourd'hui d'aboutir à la naissance d'un enfant, le professeur Rachel Levy, chef de service de biologie de la reproduction CECOS à l'hôpital Tenon à Paris, coprésentatrice d'une conférence sur le sujet aux Entretiens de Bichat, met l'accent sur l'importance que revêtent les habitudes de vie pour améliorer ses chances de fécondité. Explications. 

Combien d'hommes sont aujourd'hui victimes de problèmes d'infertilité en France ?

C'est très souvent chez la femme qu'on cherche en premier l'origine de l'infertilité. Et pourtant, elle est d'origine masculine dans près de 20% des cas, féminine dans 38% des cas, mixte dans 27% et indéterminée dans 15%. La composante masculine peut donc être impliquée dans près d'un cas sur 2. Elle est cependant longtemps restée un sujet tabou et bien moins connu des médecins.

Quelles peuvent en être ses causes?

Après un délai de 2 ans de rapports sexuels n'ayant pas abouti à la conception d'un enfant, un spermogramme et un spermocytogramme peuvent être prescrits par le médecin pour détecter d'éventuelles anomalies. L'analyse du sperme permettra de connaitre le nombre de spermatozoïdes présents par unité de volume, leur mobilité (capacité à se déplacer) et leur vitalité. En cas de lecture anormale, le praticien va interroger l'homme sur ses antécédents familiaux et ses habitudes de vie : prise de médicaments, tabagisme, consommation d'alcool, exposition à la chaleur, activité professionnelle, niveau de stress... Toutes ces situations peuvent aboutir à une augmentation locale de la température des testicules qui est susceptible d'altérer la fabrication des spermatozoïdes et donc la qualité du sperme.

Un second spermogramme de contrôle est requis 3 mois après, le temps d'essayer d'améliorer ses habitudes de vie : arrêter de fumer, manger équilibré, se relaxer, ne pas prendre de bains trop chauds, avoir des éjaculations fréquentes. Car tout ce qui est lié au mode de vie est réversible. En cas de résultat à nouveau anormal, on conseille aux hommes de prendre rendez-vous chez un urologue andrologue pour des examens complémentaires : dosages hormonaux, examen anatomique et bilan génétique.

Les principales causes de l'infertilité peuvent être liées à un défaut de production des spermatozoïdes dans les testicules (facteur hormonal, anatomique, génétique, mode de vie, post-infection) ou si les voies génitales masculines sont obstruées et empêchent le transit des spermatozoïdes (mutation d'un gène, séquelles de chirurgie, infection sexuellement transmissible). Dans 30% des cas, la cause demeure inexpliquée.

L'infertilité est également et clairement liée à l'environnement incluant différents facteurs, dont les pesticides, la pollution, la nutrition et le tabagisme. Deux enquêtes de l'Institut national de veille sanitaire sur la baisse séculaire du nombre et de la mobilité des spermatozoïdes ont ainsi montré que leur numération est en baisse dans les régions viticoles et dans le nord de la France, d'où l'impact certain des engrais. Mais dans 75% de mes consultations, je retrouve un facteur lié aux modes de vie.

Quelles sont à l'heure actuelle les principales alternatives thérapeutiques pour ces patients ?

Les méthodes d'assistance médicale à la procréation assistée (AMP) peuvent être utilisées. Le nombre de spermatozoïdes mobiles obtenus à l'issue des examens (test de migration survie ou TMS) permet d'en choisir la technique. Une insémination artificielle est possible si leur nombre est supérieur à 1 million. Une fécondation in vitro classique (FIV) s'il est compris entre 100.000 et 1 million. Et si leur nombre est inférieur à 100.000, le patient se verra proposer une FIV avec micro-injection (FIV-ICSI). Quelle que soit la technique, chaque tentative voit entre 10 et 30% de chances d'aboutir à la naissance d'un enfant désiré.

Quels progrès ont été réalisés et y a-t-il à l'avenir des pistes encore plus prometteuses ?

L'amélioration de la qualité des gamètes (cellules spécialisées dont la fonction est d'assurer la reproduction sexuée, NDLR) est notre priorité. Elle passe souvent par l'amélioration du mode de vie. Un programme de recherche clinique national débutera en 2016 sur ce sujet dans notre centre.

La sélection en ICSI du "meilleur spermatozoïde" par les techniques non délétères est le second enjeu. La possibilité d'observer le spermatozoïde à un très fort grossissement pour une meilleure sélection (IMSI) est en cours d'évaluation.

En cas d'absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat (azoospermie) avec arrêt de la maturation germinale, la possibilité d'une spermatogenèse in vitro permettrait la production de spermatozoïdes matures prêts à être utilisés en ISCI. Des progrès récents et importants sont en cours, mais nécessitent des tests supplémentaires et une évaluation en recherche clinique.

Lire l'article sur : www.lamontagne.fr

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